LE TOGO ENTRE RÉCESSION ET CRISE ÉCONOMIQUE

 

Le Togo est un pays où l’inégale réparation des richesses donne à crier, car non seulement le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) ne permet pas au smicard de vivre (35000Frs CFA) par mois, mais les sans-emploi plus nombreux que les smicards eux doivent se contenter de zéro franc c’est à dire aucun revenu mensuel

Ceux qui sont pauvres risques de le demeurer longtemps et ceux qui sont riches doivent s’attendre à une baisse beaucoup plus notable si la tension politique ne faiblit pas dans le pays

Un mini sondage réalisé auprès des femmes dans nos principaux marchés nous a permis d’entendre des cris de détresse sous le vocable de : « les gens n’achètent plus, ils viennent demander les prix mais ne reviennent que très peu. Ou encore nos clients des pays voisins qui sont parfois des grossistes ne nous visitent plus ; on ne ressent même pas une ambiance des fêtes de fin d’année. C’est triste »

À QUI PROFITE LA CRISE ?

La crise actuelle profite directement aux pays voisins qui commercent avec notre pays

En effet, le Togo n’offre plus de stabilité dans le climat des affaires depuis la date du 19 août 2017 date qui marque le point de départ d’une série de manifestation de rue dans le pays

Beaucoup de nos traditionnels clients du port, de l’aéroport que des marchés terrestres préfèrent se tourner vers les pays qui offrent une meilleure stabilité dans le climat des affaires

Ainsi, le Bénin, le Ghana, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger doivent constater un flux des transactions économiques au détriment du Togo

LES CONSÉQUENCES DE NOTRE RÉCESSION ÉCONOMIQUE

Pour un pays qui en temps normal croupit sous le poids de la dette extérieure, l’actuelle récession si elle perdure risque d’asphyxier davantage notre économie et mettra le gouvernement dans l’incapacité de faire face aux salaires des 60000 fonctionnaires de l’Etat

Par contre, la classe moyenne qui peine déjà à joindre les deux bouts connaîtra une explosion sociale de désespérance car ne pouvant plus consommer régulièrement et faire face aux frais de santé ni épargner

LA RELANCE EST ELLE POSSIBLE?

La relance économique peut venir du succès ou non du dialogue social annoncé entre le pouvoir et la coalition de l’opposition dénommée G14

Les revendications de la coalition à savoir le retour à la constitution de 1992, le droit de vote de la diaspora, les élections à deux tours ou le départ du Président de la République doivent visiblement meubler le prochain dialogue

Nous espérons une amorce rapide du dialogue avec des résultats acceptables par tous en vue d’une reprise économique

Yawo KLOUSSE






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