Des évaluations en mathématiques et en français seront systématisées en début de CP et de 6e

Parents d’élèves stressés, cette rentrée scolaire n’est pas pour vous. A « J – 6 » du retour en classe, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé, mardi 29 août, entre autres « nouveautés » de l’année, le lancement d’« évaluations diagnostiques » à réaliser dans toutes les classes de CP et de 6e. Deux étapes clés de la scolarité que beaucoup de familles vivent déjà comme des moments anxiogènes.
Les domaines évalués, à ces deux niveaux, sont les mêmes : français et mathématique. Le calendrier est presque aussi serré pour les 828 000 élèves de 6e, testés en novembre, que pour les 750 000 enfants de CP qui devraient l’être courant septembre – et même « plutôt durant les quinze premiers jours », se sont entendu dire les syndicats d’enseignants conviés rue de Grenelle, lundi, pour se voir présentés les protocoles.
Au sortir de la réunion, ils n’ont pas caché leur scepticisme, en particulier face au « cahier d’exercices » à utiliser au CP. « Tout – ou presque – passe par le papier et le crayon, relève Claire Krepper, du syndicat SE-UNSA. Est-ce bien légitime à 6 ans, quand on entre à peine dans l’écrit ? » Cette syndicaliste a décompté 13 exercices – représentant 37 items – sur lesquels les enfants auront à plancher en français et 9 en maths, soit 26 items. « Cela fait beaucoup, à un moment où ces élèves ne sont pas encore lecteurs, souffle Stéphane Crochet, du même syndicat, surtout s’il faut s’y atteler en classe entière ! »
Entre autres exemples retenus lors de la présentation, les syndicats citent une série de symboles – une lettre, un chiffre, un point d’interrogation, un triangle –, face à laquelle l’élève devra identifier d’abord le chiffre, puis la lettre, puis une syllabe. Autre exemple : une série de trois images – une tulipe, une tortue, un ballon – soumise à l’enfant afin qu’il repère laquelle des trois ne comporte pas le même son (« tu », à identifier) que les deux autres. « Le corpus de mots utilisé est déconnecté du vocabulaire maîtrisé à cet âge », regrette Francette Popineau, du SNUipp-FSU. « Les questions se focalisent sur la reconnaissance de lettres, de syllabes, reprend-elle, plutôt que sur la compréhension qui aurait pu être davantage valorisée. »

 

 






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